Depuis le 1er septembre 2021, Benedetto Vigna occupe la fonction de directeur général de Ferrari. Ce nom, peu familier aux amateurs d’automobile lors de sa nomination, est pourtant celui d’un spécialiste chevronné du secteur technologique. Il succède à Louis Camilleri, parti subitement en 2020. Son arrivée symbolise un virage stratégique majeur pour Ferrari : l’intégration de la haute technologie au service de la performance automobile.
Quel est le parcours professionnel de Benedetto Vigna ?
Benedetto Vigna est diplômé en physique de l’Université de Pise. Il a fait carrière dans un domaine éloigné de l’automobile : les semi-conducteurs. Pendant plus de 25 ans, il a évolué au sein de STMicroelectronics, l’un des géants européens de l’électronique. Il y a dirigé la division « produits analogiques », spécialisée dans les capteurs, les MEMS (systèmes micro-électro-mécaniques), et les circuits intégrés à haute valeur ajoutée. Ces composants se retrouvent aujourd’hui dans les smartphones, les montres connectées, les véhicules intelligents et de nombreux appareils du quotidien.
Son expertise dans l’électronique embarquée a convaincu Ferrari. À l’heure où les constructeurs doivent intégrer des technologies de conduite autonome, de connectivité avancée et d’électrification, la marque de Maranello a fait le choix de placer ces enjeux au cœur de sa stratégie de développement.
Quelles sont ses priorités à la tête de Ferrari ?
L’un des grands chantiers de Benedetto Vigna est de préparer l’électrification de la gamme. Ferrari a déjà lancé plusieurs modèles hybrides comme la SF90 Stradale. Mais la première Ferrari 100 % électrique est prévue pour 2025. Cette transition ne se limite pas à la motorisation. Elle englobe la gestion thermique, le comportement routier, le design sonore, la conservation du plaisir de conduite et la gestion des batteries, autant d’enjeux auxquels Vigna est familier grâce à son passé technologique.
Il veille à ce que Ferrari ne devienne pas un simple constructeur électrique de plus. Pour lui, posséder une Ferrari doit rester un privilège et une expérience unique. Lors d’un entretien, il a déclaré : « Chez Ferrari, il ne suffit pas de payer la voiture, il faut la mériter. » Cette phrase illustre son attachement à la notion d’exclusivité qui fonde l’identité de la marque.
Quel est son style de management ?
Vigna privilégie une culture d’entreprise centrée sur la technologie, la rapidité d’exécution et la cohésion des équipes. Il a instauré une approche plus agile au sein de Ferrari, tout en respectant l’ADN artisanal de la firme. Il a également renforcé la coopération avec les fournisseurs de composants électroniques de haute précision, élément stratégique pour réussir la mutation énergétique de la marque.
Il ne s’agit pas seulement de produire des voitures électriques, mais de créer des Ferrari électriques : performantes, élégantes, exclusives et distinctes. Cette vision impose un dialogue permanent entre les ingénieurs, les designers et les spécialistes du marketing.
Quel est le salaire de Benedetto Vigna ?
Les sources officielles ne dévoilent pas le salaire exact de Benedetto Vigna. Toutefois, selon les pratiques habituelles des groupes cotés en bourse dans le secteur automobile de luxe, un PDG de ce niveau touche généralement une rémunération annuelle globale supérieure à plusieurs millions d’euros. Ce total comprend un salaire fixe, des bonus liés aux résultats et souvent des actions ou stock-options.

Compte tenu de la taille de Ferrari, de sa rentabilité nette élevée, et de la pression exercée sur sa transformation technologique, la valeur de son poste figure parmi les plus élevées de l’industrie. À titre indicatif, son prédécesseur Louis Camilleri avait perçu un package avoisinant les 10 millions d’euros pour sa dernière année complète.
Que représente Ferrari aujourd’hui ?
Ferrari est une entreprise indépendante depuis 2016, date à laquelle elle a été séparée du groupe Fiat-Chrysler. Elle est désormais cotée à la Bourse de Milan et à Wall Street. La holding Exor N.V., contrôlée par la famille Agnelli, reste l’actionnaire de référence. Le siège social et les usines demeurent basés à Maranello, dans la région d’Émilie-Romagne.
La marque produit environ 13 000 véhicules par an, un volume volontairement limité pour préserver l’exclusivité. Chaque voiture est réalisée avec un soin extrême, et les carnets de commande sont parfois fermés plusieurs mois en raison de la demande.
Ferrari n’est pas qu’un constructeur de voitures de sport. Elle incarne une philosophie, un héritage mécanique, et un statut social. Sa gamme actuelle associe moteurs V8 et V12 à des solutions hybrides, et une stratégie de personnalisation poussée permet aux clients de configurer leur modèle jusque dans les moindres détails.
Quelles sont les origines de Ferrari ?
Ferrari est née en 1947, à la suite de la transformation de la Scuderia Ferrari, l’écurie fondée par Enzo Ferrari en 1929. Initialement sous l’égide d’Alfa Romeo, Enzo Ferrari a pris son indépendance après la Seconde Guerre mondiale pour créer ses propres voitures. Le premier modèle de série, la 125 S, sort des ateliers de Maranello la même année.
Depuis, Ferrari a marqué l’histoire avec des modèles devenus mythiques :
- 250 GTO
- Testarossa
- F40, F50, Enzo
- LaFerrari
Sur le plan sportif, Ferrari est aussi l’écurie la plus titrée de l’histoire de la Formule 1, avec de nombreuses victoires et des pilotes légendaires.
Quel avenir pour Ferrari sous la direction de Benedetto Vigna ?
Les prochaines années seront décisives. L’électrification complète du parc automobile mondial est en marche. Ferrari devra concilier tradition mécanique et modernité électrique. Cela passera par l’intégration des nouvelles motorisations, mais aussi par le développement de services connectés, de solutions logicielles embarquées et de plateformes numériques de gestion du véhicule.
Vigna semble être l’homme de la situation. Son expérience dans les capteurs, les processeurs et les interfaces intelligentes représente un avantage stratégique pour réussir cette mutation. Sa tâche consiste à garantir que chaque Ferrari, même électrique, conserve l’âme et la noblesse qui ont forgé sa légende.