Qui dirige Honda aujourd’hui ? Depuis avril 2021, Honda Motor Co., Ltd. est présidée par Toshihiro Mibe, un ingénieur de formation au parcours interne exemplaire. Il occupe aussi, depuis avril 2024, la présidence du conseil d’administration, concentrant les leviers de décision au plus haut niveau du constructeur japonais. Cet article passe en revue son profil, ses missions, son parcours technique, ainsi que sa stratégie pour l’avenir de Honda.
Qui est Toshihiro Mibe et quel est son parcours chez Honda ?
Toshihiro Mibe a intégré Honda Motor Co., Ltd. en 1987, après une formation d’ingénieur motoriste. Il a démarré sa carrière au sein du département recherche et développement, axé sur les groupes motopropulseurs. Rapidement reconnu pour sa rigueur technique, il a gravi les échelons à partir des années 2010.
- Chef de division Powertrain
- Responsable de plusieurs pôles techniques internes
- Nommé président de Honda R&D Co. en 2019
- Accède au titre de senior managing officer chez Honda Motor Co. peu après
Son expertise lui permet d’être propulsé en 2021 à la tête de l’entreprise en tant que CEO global. En 2024, il complète cette ascension par l’intégration du conseil d’administration, qu’il dirige désormais. Il devient ainsi le premier PDG de Honda depuis longtemps à provenir directement du pôle R&D, renforçant l’identité technique du constructeur.
Quelle est sa mission actuelle à la tête de Honda ?
En tant que président-directeur général, Mibe concentre les décisions stratégiques liées :
- À la recherche et au développement
- À la production mondiale
- À la qualité des produits
- À la gestion informatique
- Au pilotage des risques industriels
En parallèle, il agit comme interface principale avec les partenaires extérieurs, qu’ils soient constructeurs automobiles ou fournisseurs technologiques.
Il dirige notamment le programme interne « Monozukuri », qui articule l’ensemble des métiers techniques (conception, fabrication, amélioration continue) dans une logique d’optimisation industrielle.
Comment se positionne-t-il face à la transition électrique ?

Le mandat de Mibe coïncide avec une période charnière pour Honda. Le constructeur japonais doit à la fois :
- Réduire sa dépendance aux moteurs thermiques
- Développer rapidement des gammes 100 % électriques
- Conserver son identité technique centrée sur la performance moteur
Face à ces défis, Mibe s’illustre par des alliances industrielles solides, notamment avec General Motors pour mutualiser les plateformes électriques et les technologies de conduite autonome.
En 2024, des discussions avancées avec Nissan ont été entamées. Objectif : créer une plateforme EV commune adaptée au marché asiatique et européen.
Sous sa direction, Honda renforce aussi sa capacité de production de batteries, via la création de gigafactories en Amérique du Nord et en Asie.
Quelle est sa formation et quelles sont ses compétences clés ?
Toshihiro Mibe s’est spécialisé très tôt dans le développement de moteurs à combustion interne. Il a contribué à la conception de plusieurs blocs emblématiques de la marque, notamment ceux intégrés dans :
- Les modèles Civic sport et Type-R
- Les véhicules hybrides de première génération
- Les prototypes de la gamme NSX
Ce passé d’ingénieur motoriste constitue une base solide pour piloter la stratégie actuelle du constructeur. En tant que patron, il conserve une forte culture produit et un langage technique précis, apprécié en interne.
Quel est le salaire du président de Honda ?
En 2023, Toshihiro Mibe a perçu un salaire d’environ 2,11 millions d’euros. Ce montant inclut les différentes composantes fixes et variables liées à ses fonctions au sein de Honda Motor Co., Ltd.
À titre de comparaison :
- En 2020, Takahiro Hachigo, son prédécesseur, touchait environ 1,21 million d’euros
- En 2019, avant la mise en place de nouvelles règles de transparence au Japon, le CEO de Honda recevait jusqu’à 702 millions de yens, soit 5,38 millions d’euros
La politique salariale du groupe a été revue depuis pour contenir les écarts tout en valorisant les compétences techniques au sommet de l’organisation.
Quelle est sa vision pour l’avenir de Honda ?
Mibe a défini une trajectoire claire pour transformer Honda en acteur global de la mobilité électrique. Cette trajectoire repose sur trois axes :
- Intégration verticale des savoir-faire
- Contrôle de la batterie et des composants moteurs
- Maîtrise logicielle dans les systèmes d’aide à la conduite
- Développement de synergies industrielles
- Coopérations technologiques (GM, Sony, Nissan)
- Mutualisation des plateformes et des outils de production
- Conquête de nouveaux marchés
- Lancement de scooters et deux-roues électriques pour l’Asie
- Déploiement de voitures électriques en Amérique du Nord d’ici 2026
- Positionnement stratégique en Afrique et en Amérique latine
Il s’attache aussi à maintenir une identité Honda reconnaissable, centrée sur :
- L’innovation continue
- La fiabilité produit
- Le plaisir de conduite
Quel héritage conserve-t-il de Soichiro Honda ?
Le fondateur, Soichiro Honda, incarne encore aujourd’hui l’esprit pionnier du constructeur. Auto-didacte passionné de mécanique, il fonde Honda en 1948 avec Takeo Fujisawa. Ensemble, ils font de l’entreprise un acteur central de l’industrie moto, avant de s’imposer dans l’automobile.
Les valeurs fondatrices restent présentes dans la culture d’entreprise :
- Audace technique
- Refus du compromis
- Transmission du savoir-faire
Toshihiro Mibe se réfère souvent à cette tradition dans ses prises de parole. Il évoque régulièrement l’héritage technologique et l’exigence qualitative instaurée dès les débuts. Son propre parcours, issu de la R&D, reflète cette fidélité au socle initial.
En quoi son profil se distingue-t-il des autres dirigeants du secteur ?
Parmi les grands patrons de l’industrie automobile, Mibe tranche par sa technicité. Là où d’autres PDG viennent du marketing ou de la finance, lui maîtrise l’ingénierie des produits. Ce choix s’inscrit dans une volonté de repositionner Honda comme constructeur visionnaire et technophile.
Autre particularité : sa capacité à dialoguer avec les ingénieurs comme avec les partenaires extérieurs. Il pilote une transition difficile, tout en restant ancré dans les méthodes de production historiques.
Ce double profil – exécutif global et expert métier – en fait un dirigeant respecté, tant au Japon qu’à l’international.
Quels défis restent à relever pour Honda sous sa direction ?
Les enjeux à court et moyen terme sont nombreux :
- Rentabiliser la bascule vers les véhicules électriques
- Réduire les coûts de production face à la concurrence chinoise
- Rattraper le retard dans le développement logiciel embarqué
- Renforcer la compétitivité sur les marchés américains et européens
Toshihiro Mibe doit aussi anticiper les nouvelles attentes des usagers : véhicules connectés, mises à jour OTA, services numériques intégrés. Son mandat pourrait redéfinir profondément le périmètre d’activité du groupe.