Stephan Winkelmann est à la tête de Lamborghini en 2025. Il occupe la fonction de président-directeur général de la marque depuis le 1er décembre 2020, succédant à Stefano Domenicali, désormais patron de la Formule 1. Ce retour à la direction de Sant’Agata Bolognese marque la deuxième fois que ce dirigeant germano-italien prend les rênes du constructeur, après un premier mandat entre 2005 et 2016. Il cumule également la présidence de Bugatti, autre marque d’exception intégrée au portefeuille du groupe Audi. Ce double rôle renforce sa position au sein de la stratégie de luxe du groupe.
Quel est le parcours de Stephan Winkelmann avant Lamborghini ?
Né à Berlin en 1964 et élevé à Rome, Stephan Winkelmann a suivi un cursus à l’école allemande de Rome, avant de poursuivre des études en sciences politiques entre Rome et Munich. Ce parcours académique, atypique dans l’univers automobile, lui a permis d’acquérir une vision internationale et une culture générale utile dans un secteur en constante évolution.

Sa carrière débute chez Mercedes, avant de prendre des responsabilités chez Fiat Auto, notamment en Autriche, en Suisse, puis en Allemagne, où il exerce des fonctions de direction. En 2005, il prend la direction de Lamborghini. Durant onze années, il repositionne la marque comme un acteur phare du luxe sportif. Son passage chez Audi Sport GmbH confirme son expertise dans la performance et la stratégie produit, avant son arrivée à la présidence de Bugatti en 2018.
Pourquoi Stephan Winkelmann est-il revenu chez Lamborghini ?
Après avoir consolidé Bugatti autour de l’hyperluxe et de l’ultra-performance, Stephan Winkelmann revient en 2020 à la tête de Lamborghini pour engager un nouveau cycle industriel, fondé sur deux piliers : la performance et l’électrification. Il succède à un dirigeant orienté compétition, Domenicali, et remet au cœur du projet la philosophie produit, tout en suivant les évolutions du marché.
Winkelmann incarne la continuité tout en portant une transformation. Sa première expérience avait permis de stabiliser les ventes, d’introduire des modèles emblématiques comme la Gallardo LP560-4, l’Aventador ou encore de poser les bases du SUV Urus. Il revient avec un objectif : adapter la marque aux enjeux contemporains sans perdre son ADN.
Quelle est la stratégie de Lamborghini sous sa direction ?
Depuis 2020, Stephan Winkelmann met en œuvre une feuille de route axée sur trois dimensions :
- Maintien du design émotionnel, qui distingue la marque sur tous les segments
- Introduction de l’électrification, sans compromis sur les performances
- Maîtrise de l’exclusivité, avec un volume de production raisonné
La gamme actuelle reflète cette orientation. La Revuelto, premier modèle hybride rechargeable avec moteur V12, affiche des performances supérieures à sa devancière tout en réduisant ses émissions. L’Urus SE, SUV hybride rechargeable lancé récemment, marque l’entrée de Lamborghini dans un segment électrifié de grande diffusion. Ces produits visent une clientèle attachée à la sportivité, tout en répondant aux normes environnementales croissantes.
Quels résultats financiers Lamborghini affiche-t-elle en 2025 ?
L’exercice 2025 débute sous de bons auspices. Le chiffre d’affaires au premier trimestre atteint 895,2 millions d’euros, soit une progression de 29,6 % par rapport à 2024. Le résultat opérationnel grimpe de 32,8 %, preuve de la solidité du positionnement produit et de la pertinence de la gamme renouvelée. Ces chiffres confirment la dynamique enclenchée depuis 2020 et renforcent la position de Winkelmann dans l’organigramme du groupe Audi.
La performance économique découle d’une stratégie produit bien définie, combinée à une politique de personnalisation poussée et à une gestion rigoureuse de la chaîne d’approvisionnement.
Quel est le salaire de Stephan Winkelmann ?
Les chiffres exacts relatifs au salaire de Stephan Winkelmann ne figurent pas dans les publications officielles du groupe Audi. Toutefois, en tant que dirigeant de deux marques d’ultraluxe (Lamborghini et Bugatti), son niveau de responsabilités suggère une structure de salaire alignée sur les standards de l’industrie automobile de haut niveau.
On peut considérer que sa position stratégique, sa double présidence et les résultats obtenus lui confèrent un statut équivalent aux plus hauts cadres du secteur, incluant une part variable indexée sur les résultats annuels et les objectifs stratégiques fixés par le groupe Volkswagen.
Lamborghini s’implique-t-elle davantage dans le sport automobile ?
Depuis le retour de Winkelmann, Lamborghini affiche une volonté renforcée de présence dans la compétition, sans chercher à rivaliser avec les géants du secteur comme Ferrari ou Toyota en Formule 1. La marque s’est engagée dans la catégorie Hypercar du Championnat du monde d’endurance (WEC) ainsi que dans l’IMSA aux États-Unis.
Ces engagements visent à renforcer l’image de performance et à tester les technologies hybrides dans des environnements extrêmes. L’objectif affiché consiste à capitaliser sur ces plateformes pour améliorer les développements technologiques tout en valorisant l’expertise moteur de la maison.
Quelle vision Stephan Winkelmann défend-il pour l’avenir ?
Winkelmann défend une vision où la technologie ne remplace pas l’émotion. Il veille à préserver l’expérience sensorielle du conducteur tout en intégrant des composants hybrides ou électriques. Selon lui, le luxe passe par une différenciation réelle, perceptible à tous les niveaux : design, sonorité, accélération, matériaux.
Cette stratégie repose sur une transition maîtrisée. L’électrification ne se fait pas au détriment du caractère. Elle vient renforcer l’exclusivité de Lamborghini en apportant de nouveaux standards de performance et de conduite.
Lamborghini peut-elle rester compétitive face à Tesla ou Porsche ?
Le positionnement de Lamborghini se distingue de celui des marques généralistes ou même premium. Loin de la production de masse, la firme de Sant’Agata vise une clientèle exigeante, à la recherche de véhicules émotionnels, rares et sur-mesure. L’arrivée de modèles électrifiés comme la Revuelto montre que l’innovation peut s’adapter à cette approche.
Face à Tesla ou Porsche, la réponse de Lamborghini ne consiste pas à rivaliser sur les chiffres d’autonomie ou de recharge, mais à proposer une expérience de conduite unique, compatible avec les standards modernes. Ce positionnement lui permet de conserver sa légitimité sur le marché du luxe sportif, tout en préparant l’étape suivante : le passage au 100 % électrique après 2030.