Duncan Minto occupe depuis le 15 juillet 2025 la fonction de directeur général par intérim de Renault, après la démission surprise de Luca de Meo, parti rejoindre le groupe Kering. Cette nomination a replacé Renault sous le regard attentif des observateurs, soucieux de voir comment le constructeur va gérer cette nouvelle phase.
Dès sa prise de fonction, Minto s’est vu confier la gestion opérationnelle du groupe, qu’il partage avec le président Jean-Dominique Senard, en attendant la nomination d’un dirigeant permanent d’ici la fin de l’été. Cette période de transition se veut courte pour ne pas affecter davantage la dynamique du groupe, déjà soumis à une concurrence intense et à des marges qui se contractent.
Quel est le parcours de Duncan Minto chez Renault ?
Duncan Minto n’est pas un inconnu au sein du groupe. Arrivé chez Renault en 1997 au Royaume-Uni, il a gravi les échelons au fil des années grâce à une solide expertise financière et une connaissance fine du terrain international.
Il a occupé divers postes de direction financière en France, puis a dirigé des équipes stratégiques au Portugal, en Irlande et dans la région Asie-Pacifique. À ce titre, il a été responsable des finances pour les marques Dacia et Alpine, deux entités clefs dans la structure du groupe Renault.
Avant d’être propulsé à la tête de Renault par intérim, Minto exerçait la fonction de directeur financier du groupe depuis mars 2025. Ce passage au sommet se fait donc dans une continuité logique, même si le calendrier a été accéléré par le départ inattendu de son prédécesseur.
Pourquoi Luca de Meo a quitté Renault ?
Le départ de Luca de Meo, qui a dirigé Renault de 2020 à 2025, s’explique par une opportunité jugée plus attrayante chez Kering, le géant du luxe. À la tête de Renault, De Meo aura laissé une empreinte forte, pilotant le plan « Renaulution », qui visait à restaurer la rentabilité du groupe après des années troublées par l’affaire Ghosn et la crise sanitaire.
Durant son mandat, De Meo a également consolidé des synergies industrielles et développé l’électrification du catalogue. Pourtant, la fin de son parcours chez Renault a coïncidé avec un recul des résultats financiers et un contexte de marché beaucoup plus tendu.
Combien gagnait Luca de Meo chez Renault ?
En 2024, le salaire fixe de De Meo s’établissait à 1,7 million d’euros par an, soit une hausse de 30% par rapport à l’année précédente. À cela s’ajoutait une part variable pouvant atteindre 225% du fixe, indexée sur les performances du groupe.
Ainsi, le salaire totale de De Meo pour 2024 a dépassé les 12,86 millions d’euros, bonus et actions de performance inclus. Ce montant représentait une progression de 132% en un an, alors qu’en 2023, il percevait 5,53 millions d’euros hors actions.
Pour justifier ce salaire, l’ancien dirigeant avançait une charge de travail dépassant 80 heures par semaine, en raison du contexte de redressement et des nombreux dossiers stratégiques à suivre.
Quelle salaire pour Duncan Minto ?
Concernant Duncan Minto, aucun chiffre précis n’a encore été publié. Sa prise de fonction en juillet 2025 ne laisse toutefois guère de doute sur la fourchette de son salaire, qui devrait s’aligner sur la politique de rémunération pratiquée pour ce type de poste chez Renault, donc probablement proche de celle de son prédécesseur.
Dans l’industrie automobile, les postes de direction générale atteignent fréquemment des niveaux de salaire globale supérieurs à 10 millions d’euros annuels, entre fixe, variable et actions de performance.
Quelle est la stratégie actuelle de Renault ?
Renault traverse une période de flottement, après plusieurs années de transformation sous Luca de Meo. La gouvernance intérimaire, assurée par Minto et Senard, vise à garantir la continuité des opérations et à rassurer les marchés financiers ainsi que les partenaires industriels.
Les priorités affichées restent :
- Poursuivre l’électrification du portefeuille, qui a déjà fortement progressé depuis 2020
- Maintenir le cap des réductions de coûts enclenchées avec le plan Renaulution
- Protéger les parts de marché face à une concurrence féroce, notamment des marques chinoises sur le segment électrique
Quelques repères historiques sur Renault
Le constructeur français a vu le jour en 1898, fondé par Louis, Marcel et Fernand Renault. Après la Seconde Guerre mondiale, Renault a été nationalisé en 1945, avant de redevenir partiellement privé dans les années 1990.

Son histoire est jalonnée de figures majeures telles que Louis Renault, pionnier et bâtisseur de l’automobile française, Pierre Lefaucheux et Pierre Dreyfus, architectes du redressement d’après-guerre, et plus récemment Carlos Ghosn, artisan de l’alliance avec Nissan, puis tombé en disgrâce après son arrestation au Japon.